Compte-rendu mission 4 : Ambanja 29 novembre- 6 décembre 2025

Bonjour à Tous
Voici le compte rendu de la mission à Ambanja 29 novembre- 6 décembre 2025

Sylvie Carré
Transport aérien par la compagnie Ethiopan Airlines avec escale à Addis Abeba (vol quotidien au prix de 1052 €AR ) .
Arrivée à la clinique Saint Damien le dimanche 1er décembre en compagnie de Jérômine qui était présente la veille à Nossi-Bé pour faciliter le passage à la douane.
L’équipe composée de neuf membres était logée à Nossi-Bé dans deux hôtels situés en bord de plage :
Tsara Beach, Moya Beach (avec piscine ) de rapport qualité/ prix excellent.

Les points positifs de la semaine furent :
– la connaissance du nouvel opticien ALGINO qui succède à Patrick . Compétent, souriant, disponible.
– La mise à disposition d’un tonomètre à air portable Keeler (laissé en salle de consultation)
– Le rangement des consommables dans des boites plastiques (initié lors d’une précédente mission )
– le dépistage visuel lors de deux journées dans les dispensaires de brousse. Ce dépistage est possible grâce à Jéromine qui accompagne les équipes mobiles dans le cadre du suivi des femmes enceintes et de la malnutrition infantile.
le dépistage visuel a consisté en une mesure de la réfraction ( grâce à un auto réfractomètre prêté par un confrère ),  la prise de la tension oculaire avec le keeler , le FO par ophtalmoscopie directe.
32 patients ont bénéficié de correction
–La donation de matériel et consommables médicaux amenés par le médecin généraliste de notre équipe et mis en relation en amont avec le corps médical de la clinique.
–La découverte de la clinique Saint Damien pour 8 membres sur 9 dont Phateam, qui commentera la partie chirurgicale.

Joséa assure parfaitement bien son rôle de médecin ophtalmologiste. Sa fonction chirurgicale est à redéfinir en fonction de ce qu’elle souhaite faire.
Notre aide est indispensable, et j’incite tous les membres de PLYDM à se rendre à la clinique Saint Damien. Vous serez accueillis à bras ouverts et remerciés en chanson.

Merci au Père Elisée, à Honorette, Joséa, Jéromine, Osé (infirmier anesthésiste), à Félicité et Norline (nos cuisinières), à Sœur Jacqueline

P ROBIQUET anesthésiste.

Bonsoir à toutes et tous ,
Je complète le mail de Sylvie par le CR anesthésique des 67 interventions réalisées au bloc durant cette mission :
– 62 blocs cataractes sous ALR,
– 1 cataracte sous AG pour un enfant de 5 ans,
– 2 strabismes sous AG chez des adultes,
– 2 éviscérations sous ALR chez des adultes.

Les patients Malgaches étaient calmes, les conditions opératoires bonnes et aucune sédation n’a été nécessaire afin de compléter les ALR . Seules quelques injections de Loxen et Diamox furent pratiquées, sur des gestes combinés cataracte et glaucome .

Bien secondé par Ozé, sympathique et efficace infirmier anesthésiste de la clinique dédié à l’ophtalmologie , je n’ai rencontré aucune difficulté technique durant cette semaine.
Sachant avant de venir à Ambanja que je ne disposerai pas de respirateur , il fallait s’adapter, chose faite !!!
Merci à toutes et tous

Cordialement P ROBIQUET

Compte rendu Chirurgie et Bloc opératoire

Tristan Bourcier

Bonjour à tous,

Après ceux d’Honorette, Sylvie et Pierre, voici le compte rendu qui concerne l’activité chirurgicale de notre mission qui s’est déroulée au bloc du CMC Saint Damien du 29 Novembre au 5 décembre 2025. Comme vous le savez, 67 interventions chirurgicales ont été réalisées (cf. CR d’Honorette).

Pour les futurs nouveaux à Ambanja, sachez qu’il n’y a qu’une salle de bloc opératoire pour l’ophtalmologie et sa surface est d’environ 20-25 m; on y trouve 2 postes de chirurgies avec 2 microscopes, 2 tables et une machine phaco ainsi que tout le consommable sans oublier les tenues de bloc (gants, calots, masques, casaques) et enfin les instruments de micro chirurgie.

L’anesthésie se fait juste devant l’entrée du bloc dans un couloir de presque 2 mètres de large où se trouvent 2 brancards alignés dans la longueur. La salle d’opération est heureusement « climatisée », mais le poste de l’anesthésiste et le couloir de préparation ne le sont pas.

Honorette occupe l’un des deux postes (celui de gauche en rentrant) où elle est secondée par Rosette et Joséa. Ce poste est équipé d’un microscope fonctionnel mais rudimentaire et est suffisant pour effectuer une chirurgie de la cataracte en extraction manuelle et aussi toutes autres chirurgies (trabéculectomies, ptérygions, implantations secondaires…). C’est grâce à un excellent niveau de chirurgie que Honorette arrive à avoir autant de succès. Nous avons tout à apprendre avec elle.

Arnaud, Tristan et moi, nous avons occupé naturellement le deuxième poste (à droite dans le bloc) avec lequel nous n’avons fait que de la phaco pour ce qui concerne la cataracte. Une éviscération et 2 strabismes, une réfection de la surface oculaire, une extraction intracapsulaire manuelle pour cristallin luxé avec vitrectomie manuelle sans implantation ont complété le bilan. 2 ruptures capsulaires sont à déplorer sur la semaine. On a réussi à implanter dans le sulcus avec pupille ronde pour une et l’autre n’a pas été implantée volontairement (vous comprendrez pourquoi par la suite). L’œil de cette deuxième rupture est éligible pour un futur implant Artisan à fixer à la face postérieure de l’iris ou ICA tout simplement.

Aucun noyau n’est allé au fond !

Pouvons-nous être satisfaits de notre travail ? Oui et Non.

Oui, parce que nous avons réussi à opérer des cataractes très difficiles et nous avons rendu service aux patients.

Non, parce que les conditions matérielles étaient très difficiles et devraient être nettement améliorées si nous souhaitons offrir de la bonne qualité de soins.

Tout le monde n’a pas notre niveau de chirurgie et surtout notre adaptabilité face aux conditions de travail :

  • Le Microscope Zeiss S4 a le zoom sans le focus. La mise au point se fait manuellement en baissant le bras du microscope. Mais le bras était bloqué au début, il fallait alors jouer avec la hauteur du lit. Heureusement le bras a été débloqué par la suite.
  • Nous avons essayé, le deuxième jour, un microscope Leica (modèle Wild) parqué dans une pièce attenante au couloir, là où on se lave les mains ; hélas il est bloqué en dezom maximum et n’a pas de focus. A déconseiller si pas de réparation.
  • Si nous avions décidé de changer de microscope c’est à cause du Zeiss qui disjonctait pendant l’opération tous les 3 à 4 minutes à cause de la surchauffe (climatisation de la salle insuffisante). Problème à résoudre.
  • Le lit patient (type Stricker) ne maintient pas sa hauteur, le niveau s’abaisse pendant l’opération ! à voir ..
  • La phaco Stellaris fonctionne bien mais avec seulement deux PAM fonctionnelles et sans pièce à main I/A. Il faut revoir le stock.
  • Nous avons opéré dans un espace très réduit. Très encombré de matériel consommable dont le rangement est perfectible. Comme sur le bateau (en moins bien), il faut sans cesse fouiller pour essayer de trouver ce dont on avait besoin. Sans oublier qu’il nous est impossible de savoir si c’est une rupture de stock ou produit mal rangé…
  • Heureusement nous avons Marjorie, notre infirmière panseuse extraordinaire sans qui nous n’aurions jamais pu nous en sortir. Marjorie, est notre panseuse à 8 bras. Bravo et merci à toi pour tout (ta patience et ton efficacité).
  • Au troisième jour, j’ai pris la liberté d’aller voir le père Elysé pour lui faire part de ce qu’il n’allait pas.

J’ai proposé d’améliorer l’état des équipements (Phaco + pièce à main, et microscope + autres appareils pour la consultation) en contrepartie la clinique devra faire des travaux d’agrandissements du bloc ophtalmo avec un espace de rangement bien pensé et plus conséquent à l’image du bateau. Il est important d’avoir 2 zones pour 2 postes de chirurgies + une zone d’anesthésie (dans le bloc). Le père Elysé m’a proposé des espaces aménageables très intéressants sans de trop grands travaux. Je vais lui soumettre un plan pour cela que je soumettrai au CA de PLYM. Il est convenu que sans travaux pas de nouveau matériel et donc pas de nouvelles missions sauf uniquement extra-capsulaire manuelle. Une formation sur simulateur MSICS pourrait être effectuée pour celles et ceux non familiers avec  la technique.

« Voilà voilà… » comme dit Honorette. Ce compte rendu n’est pas comme les autres. Il est un poil critique je le reconnais. Mais si la critique s’accompagne d’un projet d’amélioration j’ose espérer que vous me pardonnerez.

Pour Joséa, oui il faut continuer à la former mais dans de bonnes conditions.

En extraction manuelle, il faudrait que les formateurs soient eux-mêmes experts comme Honorette ce qui est loin d’être mon cas. Enfin, dans de bonnes conditions, il n’y a aucune raison de ne pas la former en Phaco.